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"journée de l’émancipation des serfs"
jeudi 22 janvier 2009
Le gouvernement local de la "Région autonome du Tibet" a décidé d’instaurer une journée annuelle de "l’Emancipation des serfs" correspondant à la répression par l’armée chinoise de l’insurrection antichinoise de 1959 dans la région, a annoncé le 19 janvier 2009 l’agence officielle Chine Nouvelle (Xinhua).
Le Parlement local a approuvé le projet que soit "célébrée le 28 mars la libération, il y a 50 ans, d’environ un million de serfs" représentant alors quelque 90% de la population tibétaine, a précisé l’agence qui ajoute "Les serfs d’autrefois sont devenus les ’maîtres’ du nouveau Tibet socialiste" (sic !).
L’annonce a soulevé l’indignation des Tibétains exilés à Dharamsala, pour lesquels le 28 mars est synonyme de l’instauration de la férule chinoise sur le Tibet.
En 1959, le gouvernement chinois, dont les troupes avaient (selon elles) "libéré" le Tibet huit ans plus tôt, avait fait face à une rébellion des Tibétains, fidèles au Dalaï Lama, qui avait éclaté le 10 mars. [1]
Après l’avoir écrasée, Pékin avait annoncé le 28 mars 1959 la dissolution du gouvernement local et l’instauration d’un comité provisoire devant préparer l’établissement de la "Région autonome du Tibet", sous contrôle du parti communiste au pouvoir en Chine.
La répression par l’armée chinoise de l’insurrection a fait quelque 87 000 morts entre mars et octobre 1959 [2].
La Chine soutient que son intervention dans la région himalayenne a permis de mettre un terme à la théocratie bouddhiste qui y régnait et libérer ainsi un peuple maintenu en servage par 10% de la population.
Le Dalaï Lama qui a fui la région en 1959, et ses partisans, dénoncent cependant l’oppression politique et religieuse que la Chine exerce sur la région.
La Chine "veut célébrer le jour de ’l’émancipation’ (le 28 mars), mais ce jour est celui de la répression des Tibétains par les Chinois", s’est insurgé Sonam Norbu Dagpo, secrétaire du Département des relations internationales du Gouvernement tibétain en exil.
"Si les Tibétains étaient vraiment des esclaves, pourquoi leurs descendants comme moi se battent-ils pour la liberté ? Nous ne voudrions jamais réinstaurer le vieux système, s’il avait été ainsi", a déclaré le responsable.
Au printemps 2008, des manifestations pacifiques ont eu lieu dans le "grand Tibet, couvrant la "région autonome" et certaines zones des provinces voisines, pour commémorer le 49ème anniversaire du soulèvement.
Ces manifestations ont cependant dégénéré en émeutes le 14 mars à Lhassa, avant que les violences ne se répandent aux régions alentours.
La répression en 2008 a fait, selon les exilés, environ 200 morts et 1 000 blessés, alors que Pékin a de son côté accusé les émeutiers d’avoir tué 21 personnes.
Source : AFP 19 janvier 2008
[1] Voir la chronologie historique détaillée du Tibet.
[2] NdR et plus d’un million de morts sur une population estimée à 6 millions de Tibétains depuis cette prétendue "libération pacifique"...
vendredi 19 décembre 2008
Selon des informations fiables reçues du Tibet, au matin du 22 novembre, un groupe de Tibétains constitué de 4 nonnes et d’un nombre inconnu de jeunes a crié des slogans indépendantistes près du Barkhor à Lhassa.
Dès le début de la manifestation, ces personnes ont été sévèrement battues et emmenées en détention par la police chinoise. Leur identité n’est pas connue.
Depuis le début novembre, des Tibétains ont été arbitrairement emmenés de chez eux à Lhassa par une équipe formée d’agents des renseignements chinois et des fonctionnaires du Bureau de la Sécurité Publique (PSB) Les raisons de ces arrestations demeurent floues et ces personnes demeurent aujourd’hui en garde à vue (…)
De nombreuses forces de la sécurité armée maintiennent toute la région en surveillance stricte.
De plus, les autorités organisent des réunions dans chaque institution monastique sous prétexte de prévenir des manifestations de Tibétains.
Au cours de ces réunions, des mesures de précaution sont prises telles que la surveillance par le gouvernement de la rénovation des monastères. Il est ordonné à tous les moines et nonnes de ne pas se révolter. Pour cela on leur demande de s’inscrire dans un nouveau registre.
Du mois de mars au 31 octobre de cette année, 219 Tibétains sont décédés et 1 294 sont blessés. Près de 5 600 personnes sont encore détenues et plus de 1 000 ont disparu.
Source : World News, 18 décembre 2008
mardi 16 décembre 2008
Les autorités de Lhassa et de Kartzé [1] surveillent des écoles et des cliniques privées. Elles ont commencé à fermer celles qui étaient les plus prisées des Tibétains, inquiètes de leurs possibles implications politiques. Les objectifs de cette campagne sont de faire obstacle aux Tibétains se consacrant à la mise en place de projets sociaux qui cacheraient des motifs politiques "suspects" derrière de telles activités.
Le 1er décembre à Kartzé est paru un décret fermant les institutions d’éducation et de santé les plus prestigieuses et reconnues de Kartzé, y compris l’hôpital et l’école dirigés par Khangsar Kyabgon Tulku, l’hôpital Lamdag Tulku et l’école intermédiaire de langue tibétaine de Kartzé. Les Tibétains ont appelé les autorités à ne pas fermer les écoles et les hôpitaux.
A Lhassa, les autorités concernées ont commencé à surveiller les écoles tibétaines privées avec des objectifs semblables de fermeture.
Source : Tibetan Review 13 décembre 2008
[1] Kartzé, ou Gansi en chinois, est localisé sur cette carte sous le nom de Garzê.
lundi 17 novembre 2008
Le texte ci-dessous est une traduction du résumé publié sur le site du Gouvernement tibétain en exil lors de la conférence de presse des envoyés de Sa Sainteté le Dalaï Lama le 16 novembre 2008, au Lhakpa Tsering hall, à la Direction de l’Information et des Relations Internationales à Dharamsala.
Introduction
Au cours de la 7ème série de pourparlers à Pékin, les 1er et 2 juillet 2008, le Vice-Président de la Conférence Politique Consultative du Peuple Chinois (CPCPC) [1] et le Ministre du Département Central du Front du Travail Unifié [2] (DCFTU), Mr Du Qinglin, nous avaient explicitement invité à leur faire part de toutes suggestions, venant de Sa Sainteté le Dalaï Lama, sur la stabilité et le développement du Tibet. Le Vice-Ministre exécutif de la DCFTU, Mr. Zhu Weiqun, avait ajouté qu’ils aimeraient entendre notre point de vue sur le niveau et le type d’autonomie que nous recherchions, et sur tout ce qui a trait aux formes d’autonomie régionale dans le respect de la Constitution de la République Populaire de Chine (RPC).
Aussi, lors de la 8ème série de pourparlers, nous avons présenté ce Mémorandum sur l’Autonomie Effective pour le Peuple tibétain au Vice-Président, Mr Du Qinglin, et nous avons eu des discussions soutenues avec nos homologues chinois les 4 et 5 novembre 2008 à Pékin.
Il y a quelques jours, le DCFTU du Parti Communiste Chinois a publié des communiqués sur nos échanges à Pékin, en particulier sur le contenu du Mémorandum que nous leur avons présenté. Ces déclarations chinoises déforment à la fois nos propos et la proposition décrite dans notre document. C’est pourquoi nous rendons public ce Mémorandum afin de permettre au public, aux gouvernements intéressés, aux parlementaires, aux organisations non gouvernementales et aux individus de mieux comprendre et de connaître l’intégralité de la proposition des Tibétains sur l’autonomie effective pour le peuple tibétain.
Notre Mémorandum expose notre conception de l’autonomie effective, et décrit comment les besoins spécifiques de la nationalité tibétaine en terme d’autonomie, notamment en ce qui concerne le gouvernement, peuvent trouver une réponse en appliquant les dispositions sur l’autonomie prévues par la Constitution de la RPC, telles que nous les comprenons.
Sur cette base, Sa Sainteté le Dalaï Lama a exprimé sa confiance vis-à-vis de cette proposition quant à la capacité de l’autonomie effective, à l’intérieur de la RPC, de répondre aux besoins essentiels de la nationalité tibétaine.
Résumé du mémorandum
La Constitution de la RPC intègre des principes de base sur l’autonomie et l’auto-gouvernance dont les objectifs sont compatibles avec les besoins et aspirations des Tibétains. L’autonomie régionale des nationalités vise à protéger celles-ci de l’oppression tout en prévenant les risques de séparatisme, avec des mises en garde contre le chauvinisme han et les nationalismes locaux. Son intention est d’assurer la protection de la culture et de l’identité des minorités nationales en leur donnant la possibilité de gérer leurs propres affaires.
Dans le respect des dispositions constitutionnelles sur l’autonomie, les aspirations des Tibétains pourraient dans une large mesure trouver une réponse qui les satisfasse. Dans plusieurs domaines, la Constitution accorde une délégation de pouvoirs significative aux organes des nationalités dans la prise de décision et dans la gestion même du système d’autonomie. Ces pouvoirs discrétionnaires pourraient permettre la mise en œuvre d’une autonomie effective pour les Tibétains et de répondre aux spécificités de leur situation. Si chaque partie fait preuve de bonne volonté, les problèmes en cours peuvent être résolus dans le cadre même des dispositions constitutionnelles sur l’autonomie. Ainsi, il serait permis, tout en respectant l’unité et la stabilité nationales, d’instaurer des relations harmonieuses entre les Tibétains et les autres nationalités.
Les aspirations des Tibétains
Les Tibétains bénéficient d’une histoire, d’une culture et de traditions spirituelles riches, qui leur sont propres : l’ensemble constitue un héritage exceptionnel pour l’humanité. Les Tibétains ne veulent pas seulement préserver leur propre patrimoine, auquel ils sont attachés. Ils tiennent aussi à faire évoluer leur culture, leur vie spirituelle et leurs connaissances en s’adaptant aux besoins et aux contraintes de l’humanité du XXIème siècle.
En étant partie prenante de l’état multi-national de la RPC, les Tibétains pourraient bénéficier de son rapide développement économique et scientifique. Conjointement à ce vœu de pouvoir activement participer et contribuer à ce développement, nous voudrions aussi nous assurer du fait que cela ne s’accompagne pas pour les Tibétains d’une dégradation de leur identité, de leur culture ou d’une perte de leurs valeurs profondes, et sans mettre non plus en péril l’environnement fragile et si particulier du Plateau tibétain, berceau du peuple tibétain.
Sa Sainteté le Dalaï Lama est attaché très clairement et sans ambiguïté à trouver une solution pour le peuple tibétain à l’intérieur même de la RPC. Cette position est en plein accord avec la déclaration du dirigeant Deng Xiaoping qui insistait [3] sur le fait qu’en dehors de l’indépendance, toutes les autres questions pouvaient se résoudre par le dialogue. C’est pourquoi, étant résolus à respecter totalement l’intégrité territoriale de la RPC, nous attendons du Gouvernement Central qu’il reconnaisse et respecte totalement l’intégrité de la nationalité tibétaine, et son droit à bénéficier d’une autonomie effective à l’intérieur de la RPC. Nous estimons que, sur ces bases, il sera possible de gérer ces disparités qui existent entre nous, afin d’instaurer plus d’unité, de stabilité et d’harmonie entre les nationalités.
Besoins fondamentaux des Tibétains
Domaines concernés par le gouvernement autonome
1) Langue.
2) Culture.
3) Religion.
4) Education.
5) Protection de l’Environnement.
6) Utilisation des ressources naturelles.
7) Développement économique et commerce.
8) Santé publique.
9) Sécurité publique.
10) Contrôle des mouvements de population.
11) Echanges avec les pays étrangers dans les domaines culturels, éducatifs et religieux.
Respect de l’intégrité de la nationalité tibétaine
Les Tibétains appartiennent tous à une même minorité nationale en dépit des découpages administratifs actuels. L’intégrité de la nationalité tibétaine doit être respectée. Ce qui correspond d’ailleurs à l’esprit, l’intention et les principes sur lesquels s’appuie le concept constitutionnel "d’autonomie régionale dans la nation” ; de même pour le concept "d’égalité entre minorités”.
Personne ne conteste le fait que les Tibétains partagent une même langue, une culture, une tradition spirituelle, des valeurs, et des coutumes communes. Les Tibétains appartiennent au même groupe ethnique et ils ont un profond sentiment d’identité. Ils ont en commun une même histoire. Et, malgré quelques périodes de conflits politiques ou administratifs, les Tibétains sont restés unis par la religion, la culture, l’éducation, la langue, l’art de vivre et par l’environnement unique de leurs hauts plateaux.
La nation tibétaine réside dans un même espace contigu, celui du Plateau tibétain, depuis des millénaires, et dont elle est donc indigène. Par rapport aux principes constitutionnels d’autonomie régionale dans la nation, les Tibétains de la RPC forment une même minorité, répartie sur tout le Plateau tibétain.
Afin de permettre à la nationalité tibétaine de se développer et de prospérer dans le respect de son identité propre, de sa culture et de ses traditions spirituelles – à travers un gouvernement autonome en accord avec les besoins fondamentaux, décrits ci-dessus, des Tibétains – sa communauté toute entière, intégrant toutes les régions actuellement désignées par la RPC comme des “zones tibétaines autonomes”, devrait être gérée par une même entité administrative.
Les découpages administratifs actuels, où les communautés tibétaines se trouvent dirigées et gérées par diverses provinces ou régions de la RPC, favorisent l’éclatement ; ils induisent une disparité dans les développements économiques, et ils réduisent les possibilités pour la nationalité tibétaine de pouvoir protéger et de faire évoluer son patrimoine culturel commun, et son identité spirituelle et ethnique. Au lieu de respecter l’intégrité des nationalités, cette politique crée plus de fragmentation et va à l’encontre du principe d’autonomie.
Définition et organisation de l’autonomie
La mise en œuvre de l’autonomie effective doit permettre aux Tibétains de constituer leur propre gouvernement régional, avec les institutions nécessaires, et de définir des processus de gestion adaptés à leurs spécificités. Le Congrès populaire de la région autonome doit pouvoir légiférer sur toute question relevant des compétences de la région, et les différents organes du gouvernement autonome doivent pouvoir décider de l’exécution et du suivi de ces mesures de manière autonome.
Autonomie implique aussi représentativité et participation significative aux processus décisionnels au niveau du Gouvernement Central. Pour une autonomie effective, les processus nécessaires devront être là pour garantir une consultation effective, une coopération étroite, et même une prise de décision conjointe entre le Gouvernement Central et celui de la Région, sur tout domaine d’intérêt commun.
Un point critique de l’autonomie effective est l’assurance donnée par la Constitution, et d’autres lois, que les pouvoirs et les responsabilités alloués à la région autonome ne peuvent pas être abrogés ou modifiés de manière unilatérale.
Cela signifie que ni le Gouvernement Central, ni le gouvernement de la région autonome ne devraient pouvoir – sans l’accord de l’autre partie – transformer les règles de base de l’autonomie.
La mise en œuvre de l’autonomie effective, par exemple, requiert une séparation nette des pouvoirs entre le Gouvernement Central et la région autonome, quant aux aires de compétence de chacun.
Aujourd’hui, cette distinction n’existe pas clairement, et le périmètre des pouvoirs législatifs des régions autonomes est à la fois flou et extrêmement étroit.
Aussi, alors que la Constitution vise à reconnaître le besoin particulier pour les régions autonomes de pouvoir légiférer sur tout sujet qui les intéresse en propre, l’Article 116 exige en fait un accord préalable du Gouvernement Central – en l’occurence le Comité Permanent du Congrès National du Peuple (CNP) : c’est un obstacle à la mise en oeuvre du concept d’autonomie.
Plus précisément, seuls les congrès des régions autonomes requièrent expressément une telle approbation, alors que ceux des provinces “normales” (non autonomes) de la RPC n’ont pas à obtenir ce feu vert préalable, et n’ont en fait qu’à informer de la nouvelle disposition le Comité Permanent de la CNP “pour enregistrement” (Article 100).
En outre, l’exercice de l’autonomie est soumis à un nombre considérable de lois et de règlements (cf. Article 115 de la Constitution). Dans la pratique, certaines lois restreignent l’autonomie de la région autonome, tandis que des incohérences existent entre d’autres dispositions. Il en résulte que le périmètre exact de l’autonomie reste flou et indéfini puisqu’il est soumis à des modifications décidées unilatéralement – par les plus hauts échelons de l’état, qui ont leur propre interprétation des lois et des règlements – sans parler des changements de politique. Il n’existe pas non plus de processus adéquat permettant la consultation ou le traitement des litiges éventuels entre les organes du Gouvernement Central et ceux du gouvernement régional, quant à leurs périmètres respectifs de responsabilité et d’autonomie. Dans la pratique, les incertitudes qui en résultent réduisent l’autonomie réelle des autorités régionales et contrecarrent l’autonomie effective requise par les Tibétains aujourd’hui.
Dharamsala, le 16 Novembre 2008.
Source : www.tibet.net, 16 novembre 2008.
L’article complet de ce Mémorandum est également disponible en ligne sur Tibet.net
mardi 14 octobre 2008
Le Tibetan Center for Human Rights and Democracy (Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie - TCHRD) a publié un communiqué de presse dans lequel il lance un appel au Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires de l’ONU (UNWGEID) pour qu’il intervienne au nom des Tibétains disparus depuis le début de la répression au Tibet en mars.
Le TCHRD est particulièrement préoccupé par le sort de l’ancien directeur (tib : chandzoe) du temple de Ramoche, [1] Sonam Rabgyal, 39 ans, natif du Comté de Markham [2], et de quatre autres moines, de ce temple.
Dans la nuit du 7 au 8 avril 2008, environ 70 moines du temple de Ramoche ont été arrêtés et détenus par les forces de police, puis interrogés pendant plusieurs jours. Alors que tous les autres moines ont été libérés, la famille et les amis des cinq moines disparus n’ont plus reçu aucune nouvelle d’eux. Durant ce raid, des objets de valeur, des décorations ou ornements de statues en or et en argent ont également disparu.
Le temple de Ramoche fut l’une des principales cibles des autorités, et des rapports commencent à sortir du Tibet faisant état de situations désespérées. L’un des moines, Tsangpa Thokmey, se serait suicidé le 22 mars 2008, et la situation de Ngawang Tenzin, blessé par balle à la main le 14 mars 2008, n’est pas confirmée mais il semblerait qu’il n’ait pu recevoir des soins adéquats. Le 14 mars, un rapport faisait état de deux morts dans ce temple.
Avant les manifestations de mars à Lhassa, Sonam Rabgyal, Damdul, Rabgyal et deux autres moines de Ramoche avaient déjà attiré l’attention des autorités chinoises pour leur participation à la célébration de prières de longue vie pour le Dalaï Lama lors du Festival de la Grande Prière (Mönlam Chenmo) qui s’est tenu le 14 février 2008.
Source : TCHRD, 29 septembre 2008
[1] Le temple de Ramoche, au nord de Lhassa, peut être localisé sur cette carte.
A Ramoche, 115 moines (le nombre maximum autorisé par les autorités) y étudiaient. Ce temple et le quartier adjacent avaient été au centre des émeutes de mars 2008.
[2] Localisé sur cette carte sous le nom de Markam. (Préfecture de Chamdo)
Chamdo est écrit Qamdo sur cette carte. Markham (Markam) est situé au sud-est, à environ 200 km de Chamdo.
Les deux villes peuvent également être localisées sur cette même carte Google Maps.
mardi 14 octobre 2008 par Monique Dorizon
La Chine aura à répondre aux questions au cours de deux auditions à Genève au début du mois de novembre. [1]
Le Comité des Nations Unies contre la torture condamne la Chine pour la "continuelle omniprésence" de la torture dans le "système judiciaire pénal".
Il a demandé une liste de toutes les personnes détenues en rapport avec les émeutes au Tibet, en mars, y compris leur localisation actuelle et leur condamnation. I
Il demande aussi une explication du refus fait aux détenus d’avoir accès à un médecin au cours de leur emprisonnement, à la fois avant et après le procès.
"Au moins trente personnes ont été déclarées coupables et condamnées moins de 6 semaines après les événements ; pouvez-vous clarifier sur quelles bases les peines ont été fondées ?" demande le Comité.
Il demande tous les détails sur le nombre de personnes tuées durant les émeutes, qui se sont répandues du Tibet vers les régions voisines de Gansu, Sichuan et Qinghai. Des témoignages de cette période disent que plus de 100 personnes sont mortes lors d’affrontements avec les forces de sécurité.
La liste des questions, qui date d’août 2008, est sortie juste après que Wen Jiabao, Premier Ministre, ait fait la première allocution de la Chine à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. [2]
Elle coïncide aussi avec un "Livre blanc" chinois sur la "protection et le développement de la culture tibétaine".
Selon l’Agence de presse officielle Xinhua, le livre blanc a été conçu pour "donner à la communauté internationale une meilleure compréhension de la réalité de la protection et du développement de la culture tibétaine" et pour réfuter les accusations de "prétendu génocide culturel" dans la région.
Le papier attaque le Dalaï Lama et ses "cohortes" à l’Ouest pour avoir conspiré à "forcer le groupe ethnique tibétain et sa culture à stagner et demeurer dans un état similaire à celui du Moyen Age".
La Chine a établi cinq rapports pour le Comité des Nations Unies contre la torture. Dans le dernier rapport, daté de juin 2007, il est dit que "l’interdiction de la torture a été une position constante du gouvernement chinois" et sont listées des réglementations mises en place pour protéger les droits de l’homme.
Son rapport affirme que le nombre d’accusations portées pour utilisation de la torture afin d’extorquer des aveux était passé de 143 en 1999 à 53 en 2004. Cependant le rapport ne donne aucun détail sur les cas et ne commente pas certains incidents particuliers soulevés par les Nations Unies.
Dans son dernier questionnaire, le Comité a aussi demandé pourquoi la Chine a ignoré ses recommandations pour abolir le système de "rééducation par le travail" qui voit des dissidents condamnés au travail forcé. "Le système [...] vise à modifier la personnalité du détenu (et) d’après certaines informations cause de fortes souffrances physiques et mentales et douleurs" dit-il.
Il attaque aussi l’utilisation des "chiens d’arrêt" (jefang renyuan) un grand nombre de voyous officieux qui regroupent les dissidents et les amènent aux autorités.
L’ONU a également indiqué qu’elle avait entendu que le "Parti d’Etat avait réalisé des installations de détention spécialement pour emprisonner les pétitionnaires venant à Pékin" et demande un total éclaircissement, ainsi que la situation d’un nombre de dissidents connus et de leurs représentants juridiques. Il a allégué que de nombreux dissidents avaient "disparu manu militari".
Source : Telegraph.co.uk 25 septembre 2008
NdR Cette session des Nations Unies coïncide avec l’appel aux Nations Unies en faveur de Tibétains disparus lancé le 29 septembre 2008 par le TCHRD (Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie)
[1] La Quarante-et-unième session du Comité contre la torture des Nations Unies se tiendra du 3 au 21 novembre à Genève (Page 24 de ce document), le sous-Comité pour la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants tiendra sa 6ème session du 17 au 21 novembre 2008.
[2] Allocution du 24 septembre 2008 : "La Chine promet de poursuivre sa politique de réforme et d’ouverture".
lundi 13 octobre 2008
Le Dalaï Lama a été hospitalisé le 9 octobre à l’hôpital Sir Ganga Ram de Delhi en raison de douleurs abdominales, déjà ressenties en août 2008, et qui l’ont obligé à annuler un voyage en Europe en octobre.
L’opération, réalisée le 10 octobre pour ôter des calculs dans la vessie "a été rapide, simple et tout s’est passé sans accroc", indiquait son secrétaire Tenzin Taklha.
Devant initialement sortir de l’hôpital le 12 octobre, la sortie a été repoussée au milieu de semaine (entre le 14 et le 16 octobre).
"Nous voulons être absolument certains au sujet de sa santé", a déclaré un médecin sous le couvert de l’anonymat, précisant que le Dalaï Lama se "remettait progressivement".
Le lauréat 1989 du prix Nobel de la Paix restera ensuite à New Delhi pendant une semaine pour subir des examens médicaux, selon ses médecins, et regagnera ensuite Dharamsala dans le nord de l’Inde.
Il se rendra cependant comme prévu au Japon pour une tournée d’une semaine début novembre, a précisé son secrétaire.
Source : AFP 9-13 octobre2008
dimanche 7 septembre 2008
Les autorités de la "Région Autonome du Tibet" projettent d’investir quelque 3 milliards de dollars (plus de 2 milliards d’euros) dans 22 projets industriels, a affirmé Chine Nouvelle le 5 septembre 2008.
Ce plan inclut dix projets miniers, ainsi que d’autres dans les secteurs des matériaux de construction, de la médecine et l’alimentation, et de l’établissement de cinq zones de développement industriel dans les cinq ans, a ajouté l’agence officielle, citant un responsable de la commission locale du développement économique.
Les autorités entendent ainsi accélérer le développement industriel et la croissance du Tibet où le secteur industriel ne compte que pour 7,5% du produit intérieur brut, selon les statistiques 2007 citées par Chine Nouvelle.
L’agence avait un peu plus tôt annoncé que le géant chinois de l’aluminium, Chinalco, avait établi le 3 septembre 2008 au Tibet une filiale dotée d’un capital de 36,5 millions de dollars pour explorer et exploiter les ressources minérales du Toit du monde.
Cette région passe pour être très riche en ressources minières, avec plus de 100 minerais différents identifiés selon des rapports de médias chinois, dont les plus grandes réserves de cuivre et de chrome de Chine. Ces ressources sont toutefois difficilement exploitables en raison des conditions géographiques notamment, mais depuis la mise en service en juillet 2006 du train reliant Pékin au Tibet, dénoncé par les Tibétains en exil comme un outil de colonisation chinoise, les projets et échanges semblent s’accélérer, mettant en danger l’éco-système tibétain, selon les dires mêmes d’experts chinois.
Source AFP 5 sept. 2008
lundi 8 septembre 2008
Taktser Rinpoche (Thupten Jigme Norbu), le frère aîné du Dalaï Lama qui fut l’un des combattants pour l’indépendance du Tibet, est décédé aux Etats-Unis à l’âge de 86 ans, le 5 septembre 2008, après une longue maladie (depuis 2002).
Son décès survient alors que le Dalaï Lama venait juste de sortir de l’hôpital de Mumbaï (Bombay) où il avait subi des examens faisant suite à une douleur abdominale, considérée finalement comme sans gravité.
Thupten Jigme Norbu est né en 1922 dans le village de Taktser et fut reconnu par le 13ème Dalaï Lama à l’âge de 3 ans comme Tulkou (réincarnation) de l’abbé du monastère local, puis fit ses études au monastère de Kumbum en Amdo (aujourd’hui le Qinghaï) dont il devint l’Abbé à l’âge de 27 ans. Il était donc une personnalité religieuse reconnue avant même la naissance du Dalaï Lama.
En 1950, alors que le Dalaï Lama était à Lhassa, des officiels chinois ont tenté de persuader Taktser Rinpoche d’aller voir son frère le Dalaï Lama et de le persuader d’accepter la "libération pacifique" du Tibet.
Taktser Rinpoche accepta, mais échappa à son escorte et informa le Dalaï Lama de ses doutes sur les intentions du pouvoir communiste au Tibet. Il incita fortement son frère à fuir le Tibet vers l’Inde (ce qu’il fit seulement après le soulèvement populaire du 10 mars 1959).
En 1951, Taktser Rinpoche fut le premier Tibétain à se réfugier aux Etats-Unis et en 1979, il fonda le "Tibetan Culture Center" (Centre de culture tibétaine), renommé ultérieurement "Tibetan Mongolian Buddhist Cultural Center" (Centre culturel bouddhiste tibéto-mongol) à Bloomington dans l’Indiana aux E-U, où il enseigna jusqu’à sa retraite, et le "International Tibet Independence Movement" (association Mouvement International pour l’indépendance du Tibet) en 1995. Il fut également représentant du gouvernement tibétain en exil au Japon et aux Etats-unis.
Marié à Kunyang Norbu, il avait eu avec elle trois fils : Lhundup Norbu, 46 ans, Kunga Norbu, 45 ans et Jigme, 42 ans.
Thubten Jigme Norbu est l’auteur de différents ouvrages et textes dont son autobiographie "Tibet is my country" [1], "Tibet, an account of the history, the religion and the people of Tibet" [2], et "Tibet, patrie perdue" [3] (ouvrages actuellement indisponibles (neufs) en français).
Taktser Rinpoché et le Dalaï Lama avaient des points de vue très différents sur la question de l’avenir du Tibet, le Dalaï Lama prônant depuis 1987 une "Voie médiane [4]", devant aboutir à une autonomie véritable pour le Tibet, alors que Taktser Rinpoche a toujours milité pour une indépendance complète, mais ceci n’a jamais affecté les bonnes relations entre les deux frères.
Source : Phayul 6 septembre 2008
[1] "Tibet is my country"
Edit. : Wisdom Publications, 25 janv. 1987, 272 pages.
(traduit de l’allemand)
ISBN : 978-0861710454
[2] "Tibet, an account of the history, the religion and the people of Tibet"
Editeur : Simon & Schuster, 1968.
[3] "Tibet, patrie perdue"
Editeur : A. Michel Montrouge, Impr. moderne (1963)
raconté par Heinrich Harrer et traduit de l’allemand
[4] La Voie Médiane fut la base de réflexion annoncée par le Dalaï Lama en 1974 pour trouver une solution à la question tibétaine, en prônant une recherche de compromis avec le gouvernement chinois. Lorsque des contacts directs avec le gouvernement de Pékin furent établis en 1979, Deng Xiaoping déclara "qu’à l’exception de l’indépendance, tous les problèmes pourraient trouver une solution par la négociation". Cette Voie Médiane est rappelée par le Dalaï Lama dans ses discours prononcés le 10 mars de chaque année
Sa Sainteté Le XIVème Dalaï-Lama demande, à tous les êtres sensibles à la cause du Tibet, d'entamer un jeûn et de pratiquer le mantra de Tchenrézi : OM MANI PADMé HOUNG, le samedi 30 août 2008 de 7 h à 19 h. Vous pourrez, en fin de journée, communiquer votre nombre de mantras au Vénérable Tharchin Rimpoché du centre Rintchen Pal.