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vendredi 19 décembre 2008
Selon des informations fiables reçues du Tibet, au matin du 22 novembre, un groupe de Tibétains constitué de 4 nonnes et d’un nombre inconnu de jeunes a crié des slogans indépendantistes près du Barkhor à Lhassa.
Dès le début de la manifestation, ces personnes ont été sévèrement battues et emmenées en détention par la police chinoise. Leur identité n’est pas connue.
Depuis le début novembre, des Tibétains ont été arbitrairement emmenés de chez eux à Lhassa par une équipe formée d’agents des renseignements chinois et des fonctionnaires du Bureau de la Sécurité Publique (PSB) Les raisons de ces arrestations demeurent floues et ces personnes demeurent aujourd’hui en garde à vue (…)
De nombreuses forces de la sécurité armée maintiennent toute la région en surveillance stricte.
De plus, les autorités organisent des réunions dans chaque institution monastique sous prétexte de prévenir des manifestations de Tibétains.
Au cours de ces réunions, des mesures de précaution sont prises telles que la surveillance par le gouvernement de la rénovation des monastères. Il est ordonné à tous les moines et nonnes de ne pas se révolter. Pour cela on leur demande de s’inscrire dans un nouveau registre.
Du mois de mars au 31 octobre de cette année, 219 Tibétains sont décédés et 1 294 sont blessés. Près de 5 600 personnes sont encore détenues et plus de 1 000 ont disparu.
Source : World News, 18 décembre 2008
Snickers
Comme la Chine, Hong Kong a aussi été victime du lait frelaté. C'est pour cette raison qu'on ne trouve plus la marque du chocolat 'snickers' dans les rayons des supermarchés. Une étude américaine avait révélé des traces de mélamine dans les marques Oreo wafers, M&Ms et snickers importés tout droit de Chine. L'agence de pharmacovigilance indonésienne avait elle aussi indiqué qu'une douzaine de produits alimentaires dont des grandes marques connues, avaient eux aussi été contrôlés positifs à la mélamine.
afp
Bonjour,
A l'occasion de la venue du Pape en France le 12 septembre prochain, Fourrure Torture lance une pétition qui lui sera adressée et qui lui demandera d'arrêter de porter de la fourrure, que l'on retrouve sur les bordures de son couvre-chef et de sa cape lors de certaines de ses sorties publiques.
En raison de l'influence du Pape auprès d'un large public, nous vous remercions d'apporter, quelles que soient vos convictions, votre soutien à cette pétition dès à présent en signant ici :
http://www.fourrure-torture.com/petition-pape.html
N'hésitez pas à diffuser cette pétition autour de vous.
L'équipe Fourrure Torture
http://www.fourrure-torture.com
dimanche 7 septembre 2008
Les autorités de la "Région Autonome du Tibet" projettent d’investir quelque 3 milliards de dollars (plus de 2 milliards d’euros) dans 22 projets industriels, a affirmé Chine Nouvelle le 5 septembre 2008.
Ce plan inclut dix projets miniers, ainsi que d’autres dans les secteurs des matériaux de construction, de la médecine et l’alimentation, et de l’établissement de cinq zones de développement industriel dans les cinq ans, a ajouté l’agence officielle, citant un responsable de la commission locale du développement économique.
Les autorités entendent ainsi accélérer le développement industriel et la croissance du Tibet où le secteur industriel ne compte que pour 7,5% du produit intérieur brut, selon les statistiques 2007 citées par Chine Nouvelle.
L’agence avait un peu plus tôt annoncé que le géant chinois de l’aluminium, Chinalco, avait établi le 3 septembre 2008 au Tibet une filiale dotée d’un capital de 36,5 millions de dollars pour explorer et exploiter les ressources minérales du Toit du monde.
Cette région passe pour être très riche en ressources minières, avec plus de 100 minerais différents identifiés selon des rapports de médias chinois, dont les plus grandes réserves de cuivre et de chrome de Chine. Ces ressources sont toutefois difficilement exploitables en raison des conditions géographiques notamment, mais depuis la mise en service en juillet 2006 du train reliant Pékin au Tibet, dénoncé par les Tibétains en exil comme un outil de colonisation chinoise, les projets et échanges semblent s’accélérer, mettant en danger l’éco-système tibétain, selon les dires mêmes d’experts chinois.
Source AFP 5 sept. 2008
lundi 8 septembre 2008
Taktser Rinpoche (Thupten Jigme Norbu), le frère aîné du Dalaï Lama qui fut l’un des combattants pour l’indépendance du Tibet, est décédé aux Etats-Unis à l’âge de 86 ans, le 5 septembre 2008, après une longue maladie (depuis 2002).
Son décès survient alors que le Dalaï Lama venait juste de sortir de l’hôpital de Mumbaï (Bombay) où il avait subi des examens faisant suite à une douleur abdominale, considérée finalement comme sans gravité.
Thupten Jigme Norbu est né en 1922 dans le village de Taktser et fut reconnu par le 13ème Dalaï Lama à l’âge de 3 ans comme Tulkou (réincarnation) de l’abbé du monastère local, puis fit ses études au monastère de Kumbum en Amdo (aujourd’hui le Qinghaï) dont il devint l’Abbé à l’âge de 27 ans. Il était donc une personnalité religieuse reconnue avant même la naissance du Dalaï Lama.
En 1950, alors que le Dalaï Lama était à Lhassa, des officiels chinois ont tenté de persuader Taktser Rinpoche d’aller voir son frère le Dalaï Lama et de le persuader d’accepter la "libération pacifique" du Tibet.
Taktser Rinpoche accepta, mais échappa à son escorte et informa le Dalaï Lama de ses doutes sur les intentions du pouvoir communiste au Tibet. Il incita fortement son frère à fuir le Tibet vers l’Inde (ce qu’il fit seulement après le soulèvement populaire du 10 mars 1959).
En 1951, Taktser Rinpoche fut le premier Tibétain à se réfugier aux Etats-Unis et en 1979, il fonda le "Tibetan Culture Center" (Centre de culture tibétaine), renommé ultérieurement "Tibetan Mongolian Buddhist Cultural Center" (Centre culturel bouddhiste tibéto-mongol) à Bloomington dans l’Indiana aux E-U, où il enseigna jusqu’à sa retraite, et le "International Tibet Independence Movement" (association Mouvement International pour l’indépendance du Tibet) en 1995. Il fut également représentant du gouvernement tibétain en exil au Japon et aux Etats-unis.
Marié à Kunyang Norbu, il avait eu avec elle trois fils : Lhundup Norbu, 46 ans, Kunga Norbu, 45 ans et Jigme, 42 ans.
Thubten Jigme Norbu est l’auteur de différents ouvrages et textes dont son autobiographie "Tibet is my country" [1], "Tibet, an account of the history, the religion and the people of Tibet" [2], et "Tibet, patrie perdue" [3] (ouvrages actuellement indisponibles (neufs) en français).
Taktser Rinpoché et le Dalaï Lama avaient des points de vue très différents sur la question de l’avenir du Tibet, le Dalaï Lama prônant depuis 1987 une "Voie médiane [4]", devant aboutir à une autonomie véritable pour le Tibet, alors que Taktser Rinpoche a toujours milité pour une indépendance complète, mais ceci n’a jamais affecté les bonnes relations entre les deux frères.
Source : Phayul 6 septembre 2008
[1] "Tibet is my country"
Edit. : Wisdom Publications, 25 janv. 1987, 272 pages.
(traduit de l’allemand)
ISBN : 978-0861710454
[2] "Tibet, an account of the history, the religion and the people of Tibet"
Editeur : Simon & Schuster, 1968.
[3] "Tibet, patrie perdue"
Editeur : A. Michel Montrouge, Impr. moderne (1963)
raconté par Heinrich Harrer et traduit de l’allemand
[4] La Voie Médiane fut la base de réflexion annoncée par le Dalaï Lama en 1974 pour trouver une solution à la question tibétaine, en prônant une recherche de compromis avec le gouvernement chinois. Lorsque des contacts directs avec le gouvernement de Pékin furent établis en 1979, Deng Xiaoping déclara "qu’à l’exception de l’indépendance, tous les problèmes pourraient trouver une solution par la négociation". Cette Voie Médiane est rappelée par le Dalaï Lama dans ses discours prononcés le 10 mars de chaque année
lundi 4 août 2008
Le Gouvernement tibétain en exil va présenter lors de la prochaine rencontre prévue en octobre avec les autorités chinoises un plan détaillé sur l’autonomie du Tibet, a indiqué dans une interview l’émissaire spécial du Dalaï Lama pour ces négociations, Kelsang Gyaltsen.
"Lors de cette huitième réunion (de négociations depuis 2002), on jouera pratiquement le tout pour le tout. Nous allons présenter un plan détaillé, décrivant la manière dont nous nous représentons l’autonomie au Tibet", a-t-il déclaré dans l’hebdomadaire Der Spiegel paru le 4 août 2008.
"Au cas où la partie chinoise réagirait positivement, nous pourrions proposer de premières mesures concrètes, par exemple un pèlerinage du Dalaï Lama en Chine. Un tel développement peut conduire à une rencontre entre Sa Sainteté et le président chinois et donner l’impulsion décisive", a-t-il estimé.
"Nous avons eu vent que des dirigeants militaires chinois plaidaient pour une détente dans la question tibétaine (...) et, dans le bureau politique, les "réformateurs" auraient apparemment une courte majorité de cinq contre quatre", a-t-il relevé.
Le négociateur tibétain a souligné que la dernière rencontre début juillet "n’avait pas apporté de succès tangibles". "Les représentants du parti communiste voulaient seulement évoquer des questions personnelles touchant le Dalaï Lama, et nous au contraire, faisions valoir qu’il s’agissait de 6 millions de Tibétains, de leur bien-être, de leurs droits fondamentaux et de leur avenir".
"La délégation de Pékin voulait aussi que le Dalaï Lama rompe ouvertement avec le Tibetan Youth Congress (Congrès des jeunes Tibétains) qu’elle traitait d’"organisation terroriste". Cette organisation refuse globalement la violence, "même si, à la différence du Dalaï Lama, elle lutte pour l’indépendance du Tibet", a remarqué l’émissaire tibétain.
Il a confirmé que, début juillet, sa délégation avait failli arrêter le dialogue sino-tibétain, la partie adverse se refusant à une déclaration commune obligeant les parties à la poursuite du dialogue. Finalement, elle a accepté de le continuer à la demande de Pékin.
Alors que l’attention est concentrée sur les Jeux olympiques, M. Gyaltsen a dénoncé "la campagne "patriotique" de rééducation en cours" au Tibet, par laquelle "les gens sont contraints d’abjurer leur allégeance" à leur chef spirituel.
"Nous savons que beaucoup de moines le refusent", "ils sont arrêtés et maltraités".
"Nous avons aussi appris que pendant le temps des compétitions olympiques, des étudiants tibétains doivent être éloignés de Pékin", a-t-il dit.
Source : AFP 04 août 2008
mardi 5 août 2008
La justice espagnole s’est déclaré le 5 août 2008 compétente [1] pour instruire une nouvelle plainte pour génocide déposée à Madrid contre sept responsables politiques et militaires chinois après la répression des troubles de la mi-mars au Tibet.
Cette plainte déposée le 9 juillet 2008 par le Comité de soutien au Tibet (CAT) et deux autres associations pro-tibétaines, vise sept responsables chinois, dont le ministre chinois de la Défense, Liang Guanglie.
Les plaignants estiment que la répression des troubles au Tibet par les autorités chinoises, à partir du 10 mars dernier, est constitutive "de crimes contre l’humanité par élimination systématique et généralisée de Tibétains, de blessures graves, tortures et disparitions forcées".
Cette répression "a consisté en une attaque généralisée et systématique contre la population civile tibétaine, causant au moins 203 morts, plus de 1 000 blessés graves et 5 972 arrestations illégales et disparitions", dénonce encore cette plainte. (Pékin assure qu’un seul Tibétain a été tué par les forces de sécurité et que les émeutiers ont tué 21 personnes lors des graves troubles de la mi-mars au Tibet et dans les régions environnantes).
Le directeur du Comité de soutien, Alan Cantos, s’est dit le 5 août au soir soir très satisfait de ce développement.
"Nous sommes fous de joie pour les victimes et le peuple tibétain, pour la justice en général et la répercussion que cela peut avoir sur ce monde d’inconstance politique, d’avidité économique et de passivité en général vis à vis des pays puissants", a-t-il déclaré .
La plainte jugée le 5 août 2008 recevable par l’Audience nationale, à trois jours de l’ouverture des JO, a été déposée en complément d’une plainte contre des dirigeants chinois déjà déposée en 2006 [2] par le CAT.
La plainte de 2006 [2], pour "génocide, crimes contre l’humanité, torture et terrorisme contre le peuple tibétain" visait l’ancien président chinois Jiang Zemin [3], l’ex-Premier ministre Li Peng [4] et cinq présumés responsables de la répression au Tibet dans les années 1980-90.
Cette première plainte est actuellement instruite par un juge de l’Audience nationale, qui centralise également les dossiers de terrorisme en Espagne.
Dans son procès verbal publié le 5 août, le tribunal annonce également qu’il cite à comparaître les plaignants comme témoins les 4 et 10 septembre prochains afin qu’ils expriment oralement leurs griefs sur la répression de mars au Tibet.
Cette prise de position de la justice espagnole est bien différente de la position du Comité olympique espagnol (COE) qui s’est exprimé ce même jour (5 août 2008) devant les athlètes espagnols :
Le président du COE, Alejandro Blanco, a averti ses athlètes qu’ils s’exposaient à une expulsion des Jeux olympiques de Pékin s’ils s’y livraient à des déclarations à "contenu politique".
"On ne peut pas faire de déclarations à contenu politique dans la zone olympique (...). On ne peut écrire dans la presse. La conséquence, c’est le retrait de l’accréditation et le retour à la maison. Nous sommes tous majeurs. C’est le moment du sport et des sportifs, celui de la politique en sera un autre. Je devais vous le dire", a ajouté le responsable du COE.
Cette prise de position du COE a été qualifiée "d’inacceptable" par la section espagnole d’Amnesty International. Esteban Beltran, président d’Amnesty Espagne, a demandé à Alejandro Blanco de rectifier cette déclaration. Il a par ailleurs demandé au gouvernement espagnol d’intervenir dans cette affaire pour réaffirmer qu’il n’accepterait aucune restriction à la liberté d’expression des sportifs espagnols à Pékin.
Source : AFP 5 août 2008
[1] La justice espagnole s’est reconnue en 2005 une compétence universelle en matière de génocide et de crimes contre l’Humanité, au motif que "le principe de juridiction universelle prime sur l’existence ou non d’intérêts nationaux".
"L’Audience nationale", le tribunal espagnol chargé des dossiers de crimes contre l’humanité et de génocide, indique dans ce document accepter sa compétence pour enquêter sur les faits dénoncés.
[2] NdR 2006 selon la dépêche AFP, mais juin 2005 à notre connaissance
[3] Jiang Zemin, Président de la République populaire de Chine de 1993 à 2003
[4] Li Peng, Premier ministre de 1987 à 1998
mercredi 25 juin 2008
- Pourquoi à quelques semaines des Jeux olympiques, les autorités chinoises ne peuvent plus ignorer le Dalaï Lama ?
- Quel rôle la France a-t-elle à jouer auprès de la Chine, à l’heure de la Présidence de l’Union européenne ?
Louis de Broissia propose des éclaircissements sur ces questions dans un article du Journal du Parlement.
La France, qui s’est toujours montrée déterminée dans son soutien au Dalaï Lama, possède à l’évidence une carte d’importance à jouer, avec la Présidence de l’Union européenne au moment des Jeux olympiques, tandis que la Chine, qui suit ce dossier explosif avec la plus grande vigilance, a encore la possibilité de reprendre la main si elle enclenche de réelles négociations.
Pour le Journal du Parlement, le sénateur Louis de Broissia nous montre pourquoi la Chine a besoin du Dalaï Lama.
Deux enseignements peuvent être tirés des événements récents à Lhassa et dans les autres villes tibétaines. D’une part, en dépit des accomplissements économiques du régime, les Tibétains - et notamment la jeune génération - n’acceptent toujours pas la domination de type colonial que la Chine exerce sur eux depuis bientôt soixante ans.
D’autre part, en dépit de son exil prolongé et des campagnes "d’éducation patriotique", l’immense majorité des Tibétains considère toujours le Dalaï Lama comme son chef spirituel et politique légitime, ainsi que leur "identité respectée et reconnue parmi les nations".
Les masques sont tombés. Les autorités chinoises ne peuvent plus s’abriter derrière le discours glorifiant la liberté politique et le bien-être économique des Tibétains, qu’elles m’avaient tenu au mois d’août 2006, lorsque j’avais conduit à Pékin et Lhassa une délégation de sénateurs français [1]. Aujourd’hui, il est patent que le pouvoir au Tibet repose uniquement sur la force et sur la peur.
Les dirigeants de Pékin se retrouvent ainsi dans une situation extrêmement inconfortable devant l’opinion publique mondiale, à trois mois seulement de l’ouverture des Jeux olympiques. Pour en sortir, une seule voie s’ouvre à eux : celle de la négociation avec le Dalaï Lama. Les négociations sino-tibétaines, dont les débuts remontent à la fin des années 1970 [2], mais qui ont connu des éclipses, ont été relancées depuis 2002. C’est ainsi que six "rounds" de négociation se sont succédés, jusqu’au mois de juillet 2007, sans toutefois enregistrer beaucoup de progrès. Une nouvelle rencontre a eu lieu le 4 mai dernier, c’est-à-dire après les événements récents au Tibet. Il est encore trop tôt pour savoir si cette reprise du dialogue débouchera sur quelque chose de tangible ou s’il s’agit d’une simple concession de façade. La difficulté est que les autorités chinoises, tout en acceptant officiellement de discuter avec les envoyés du Dalaï Lama, persistent à diaboliser celui-ci. Le chef spirituel et politique des Tibétains, avec le réalisme qui le caractérise, ne revendique plus depuis longtemps l’indépendance. Il souhaite seulement que son peuple bénéficie d’une vraie autonomie, qui lui permettrait de préserver la spécificité de sa culture au sein de l’ensemble chinois. Mais les dirigeants de Pékin affectent de ne pas croire à la sincérité, pour mieux le dénoncer comme un "séparatiste" adepte du double langage. Il devient urgent pour eux d’abandonner cette rhétorique stérile, et de prendre conscience de la chance qu’ils ont d’avoir pour interlocuteur un homme de paix et de dialogue comme Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï Lama.
En effet, les événements récents le démontrent, toute une fraction du peuple tibétain n’accepte ni la renonciation du Dalaï Lama à l’indépendance, ni la voie de la non-violence qu’il a choisie et défend avec constance. Ceux qui, au sein du régime communiste chinois, spéculent sur la disparition inéluctable du Dalaï Lama, âgé de 72 ans [2], en espérant que la question du Tibet sera alors définitivement classée, se trompent lourdement. Ce sont les dirigeants chinois partisans d’un accord du vivant du Dalaï Lama - ils existent, même si on ne les entend guère à l’heure présente - qui font un pari raisonnable.
La main tendue par le Dalaï Lama aux Chinois est toujours ouverte. Et nous l’avons vu jeter tout le poids de son autorité dans la balance, pour faire cesser les violences de la part des insurgés au Tibet. Car il savait que le retour au calme était la condition préalable à toute reprise des négociations sino-tibétaines. Je suis convaincu que le Dalaï Lama aura la force d’entraînement suffisante pour faire accepter par son peuple une solution de compromis, conforme à la "Voie médiane" [3]" qu’il prône depuis des années. Les autorités chinoises doivent se convaincre que la conclusion d’un accord politique, qui permettrait le retour des exilés au Tibet et du Dalaï Lama à Lhassa, loin d’être un désaveu de la présence chinoise sur le haut plateau, serait un message de confiance et de paix qu’elles adresseraient au reste du monde.
Alors la République populaire de Chine pourrait-elle tendre aux exilés tibétains la main du retour : alors le Tibet ne resterait plus une question internationale mais redeviendrait ce "patrimoine mondial de l’humanité", orgueil d’une Chine, puissance mondiale.
Le Journal du Parlement
Nouvelle série, n° 42 - Juin 2008
Prix : 5 €
Rédaction : Tel : 01 43 79 07 37 - Fax : 01 43 79 76 88
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[1] Voyage durant lequel les sénateurs formaient le vœu que les discussions engagées entre le Dalaï Lama et le gouvernement chinois puissent déboucher sur un accord avant les Jeux olympiques de Pékin en 2008.
[2] Le XIVème Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, est né le 6 juillet 1935 à Taktser, dans l’Amdo, sous le nom de Lhamo Thondup. Voir une courte biographie du Dalaï Lama.
[3] La Voie Médiane fut la base de réflexion annoncée par le Dalaï Lama en 1974 pour trouver une solution à la question tibétaine, en prônant une recherche de compromis avec le gouvernement chinois. Lorsque des contacts directs avec le gouvernement de Pékin furent établis en 1979, Deng Xiaoping déclara "qu’à l’exception de l’indépendance, tous les problèmes pourraient trouver une solution par la négociation". Cette Voie Médiane est rappelée par le Dalaï Lama dans ses discours prononcés le 10 mars de chaque année
samedi 21 juin 2008
Une vingtaine de militants pro-tibétains ont réussi le 20 juin à déployer des banderoles pendant plus d’une heure sur la terrasse de l’immeuble du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) à Paris.
Les militants de l’association "Tibet Libre" ont quitté les lieux vers 13h30 dans le calme après avoir obtenu la promesse d’un rendez-vous le 24 juin avec des dirigeants du CNOSF.
Cette action symbolique coïncide avec l'arrivé de la flamme olympique au Tibet. Dans un communiqué, les manifestants indiquent que, près de trois mois après les émeutes dans la région, "la situation au Tibet reste très sérieuse, les autorités chinoises multiplient les rafles, les emprisonnements arbitraires et les séances de ’’rééducation patriotique’’".
Les militants demandent au CNOSF et au Comité international olympique (CIO) "d’exiger de la Chine qu’elle respecte les Droits de l’Homme (...) de demander l’annulation du passage de la flamme olympique au Tibet occupé", ainsi que de libérer le personnes emprisonnées depuit mars et d’ouvrir un dialogue avec le Dalaï Lama, chef spirituel en exil des Tibétains.
Selon des habitants interrogés à Lhassa, la capitale, la tension est palpable, avec une forte présence policière dans les rues avant le passage de la flamme, auquel tout le monde ne pourra pas assister.
Source : AFP 20 juin 2008