22 posts tagged “enseignements”
Prajna Paramita Hrdaya Sutra
Ainsi ai-je entendu. Une fois, le Bienheureux séjournait à Rajagrha, à la montagne du Pic du Vautour, accompagné d’une grande assemblée de moines et d’une grande assemblée de d’êtres dédiés à l’Eveil. Alors le Bienheureux entra dans l’absorption méditative qui exprime les phénomènes appelée "Profonde Illumination", et au même moment le noble et grand être dédié à l’Eveil Avalokiteshvara, pratiquant la profonde perfection de la sagesse, le vit ainsi : Il vit que les cinq agrégats sont vides de nature propre. Alors par le pouvoir du Maître le vénérable Shariputra dit au noble et grand être dédié à l’Eveil Avalokiteshvara : "Comment doit s’appliquer un fils ou une fille de noble famille qui désire pratiquer la profonde perfection de la sagesse ?" A ces paroles le noble et grand être dédié à l’Eveil Avalokiteshvara dit au vénérable Shariputra : "O Shariputra un fils ou une fille de noble famille qui désire pratiquer la profonde perfection de la sagesse doit le voir ainsi. Voir que les cinq agrégats sont vides de nature propre. La forme est vacuité, la vacuité est la forme. La vacuité n’est autre que la forme, la forme n’est autre que la vacuité. De même la sensation, la perception, la formation et la conscience sont vacuité. Ainsi, O Shariputra, tous les phénomènes sont vacuité. Il n’y a pas de caractéristique. Il n’y a ni naissance, ni cessation, ni pureté, ni impureté, ni croissance , ni décroissance. Donc, O Shariputra, dans la vacuité, il n’y a ni forme, ni sensation, ni perception, ni formation, ni conscience ; ni oeil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni mental ; ni vision, ni son, ni odeur, ni goût, ni touché, ni objet mental ; ni base de l’oeil jusqu’à ni base du mental, ni base des phénomènes, ni base de la conscience mentale ; ni ignorance, ni fin de l’ignorance, jusqu’à ni vieillesse et mort ni fin de la vieillesse et de la mort ; ni souffrance, ni origine de la souffrance, ni cessation de la souffrance, ni voie, ni sagesse, ni accomplissement, ni non-accomplissement. Donc, O Shariputra, puisque les êtres dédiés à l’Eveil n’ont pas d’accomplissement, ils s’appuient sur la perfection de la sagesse. Puisqu’il n’y a pas d’obscurcissement de l’esprit, il n’y a aucune crainte. Ils transcendent l’erreur et atteignent la paix parfaite. Tous les Eveillés des trois temps s’éveillent pleinement, grâce à la perfection de la sagesse, à l’Eveil insurpassable parfait et complet. Donc, le mantra suprême de la perfection de la sagesse, le mantra de la grande vision directe, le mantra insurpassable, le mantra inégalé, le mantra qui calme toute souffrance, puisqu’il n’y a pas d’illusion, doit être connu comme vérité. Ainsi se dit le mantra de la perfection de la sagesse :
THAYATE OM GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA
C’est ainsi O Shariputra, qu’un grand être dédié à l’Eveil doit s’appliquer à la profonde perfection de la sagesse. Alors le Bienheureux émergea de cette absorption méditative et loua le noble et grand être dédié à l’Eveil Avalokiteshvara en ces mots : "Bien, bien, O fils de noble famille, il en est ainsi O fils de noble famille, il en est ainsi. On doit en effet pratiquer la profonde perfection de la sagesse comme tu l’as enseigné et tous les Eveillés à l’ainsité se réjouiront." Lorsque le Bienheureux eut prononcé ces mots, le vénérable Shariputra et le noble et grand être dédié à l’Eveil Avalokiteshvara, toute l’assemblée et le monde avec les dieux, les humains, les asuras et les gandharvas se réjouirent et louèrent les paroles du Bienheureux.
Sept stances extraites du "Conseils au roi" concernant l’orgueil
Par Nagarjuna
406. La suffisance est présomption,
L’inattention éloigne de la vertu,
L’orgueil prend sept aspects
Que je vais expliquer séparément.
Égal à l’égal,
Supérieur ou égal à l’inférieur,
Cela est dit orgueil [d’égoïsme].
408. L’orgueil extrême, c’est se flatter d’être égal
À ceux qui, par quelque [qualité], nous sont supérieurs ;
Penser que l’on est plus éminent
Que les plus éminents
409. Qui se prétendent supérieurs,
Est l’orgueil surpassant l’orgueil.
Il est très pervers,
Telle une tumeur infectée.
410. Par ignorance, penser « je »
Au regard des cinq [agrégats] vides
Dits « appropriation »,
Cela est [l’orgueil de] la pensée « je ».
411. Imaginer avoir atteint des fruits qui n’ont
pas été atteints,
Cela constitue l’orgueil de supériorité ;
Se louer de la perpétration de méfaits
Est connu par les sages comme l’orgueil erroné.
412. Se mépriser en disant :
« Je suis inutile »,
Cela est l’orgueil d’infériorité.
Tels sont, brièvement exposés, les sept [orgueils].
Ce texte est extrait du « Conseil au roi » de Nagarjuna
Tiré d’un ouvrage paru en 2000 aux Editions Point Sagesses au Seuil
Texte du quatrième de couverture :
Conseils au roi
Les Conseils au roi, (La Guirlande précieuse de conseils au roi) de Nagarjuna, est un écrit fondamental du Grand Véhicule qui initie un fils des Vainqueurs à l’abnégation. Adressée à un monarque, cette initiation, qui présente les thèmes de la pratique bouddhiste -la culture du bien en vue d’une destinée heureuse, celle de la sagesse du non-soi, qui conduit à la libération, celle des deux collections de mérite et sagesse qui culminent dans la plénitude d’un Éveillé - exhorte le roi à mener une vie droite et à appliquer une politique fondée sur les principes du bouddhisme
Texte fondateur, les Conseils au roi se sont révélés une source inépuisable pour Aryadeva, le fils spirituel de Nagarjuna, Chandrakirti, et les plus remarquables exégètes indiens et tibétains
Traduit du tibétain par Georges Driessens, sous la direction de Yonten Gyatso et accompagné d’un extrait du commentaire de Guieltsap Darma Rintchen (1364-1432) intitulé Illumination de la signification essentielle.
Celui ou celle qui veut atteindre la paix doit pratiquer la droiture, l’humilité et être capable d’employer des mots doux et affectueux. Il ou elle sait vivre dans la simplicité et le bonheur, les sens apaisés, sans être avide ni se laisser entraîner par les émotions de la majorité. Qu’il ou elle ne fasse rien qui soit désapprouvé par les sages. Et voici ce qu’il ou elle contemple :
"Que tous les êtres soient en sûreté et heureux, et que leur coeur soit rempli de joie.
"Que tous les êtres vivants soient en sécurité et en paix, les êtres frêles ou forts, grands ou petits, visibles ou invisibles, proches ou lointains, déjà nés ou encore à naître. Que tous demeurent dans la parfaite tranquillité.
"Que nul ne fasse de mal à autrui. Que nul ne mette la vie d’autrui en danger. Que nul, par colère ou malveillance, ne souhaite de mal à autrui.
De même qu’une mère aime et protège son unique enfant au risque de sa propre vie, cultivons l’Amour Infini et offrons-le à tous les êtres vivants dans le cosmos entier. Laissons notre Amour Infini se répandre dans tout l’univers, au-dessus, en-dessous, et dans chaque direction. Notre amour n’aura aucun obstacle, notre coeur sera libéré de toute haine et animosité. Debout ou assis, allongé ou en marchant, tant que nous sommes éveillés, nous devons maintenir cette pleine conscience de l’amour en notre coeur. Ceci est la plus noble façon de vivre.
Libres de toute idée fausse, de toute avidité et des désirs des sens, vivant dans la beauté et réalisant la Compréhension Parfaite, ceux qui pratiquent l’Amour Infini transcenderont certainement Naissance et Mort.
L'esprit subtil le plus profond est toujours présent. Bien que changeant momentanément, sa continuité est permanente. Ainsi, il existe deux niveaux d'esprit ; le plus grossier dépend entièrement de ce corps, mais le plus subtil est éternel. C'est sur ce principe que s'accomplit la renaissance.
Sa Sainteté le XIVème Dalaï-Lama
Instructions pour la Méditation sur la Vue de la Vacuité
Kaisang Gyamtso
Septième Dalaï Lama
Introduction
Ce texte est un court poème qui contient l'essentiel des Soutras et des Tantras.
1- L'admiration pour ceux qui montrent le chemin de l'Illumination ;
2- Le désir de véritablement quitter l'existence cyclique et le souhait qui en découle d'atteindre la plus haute Illumination afin d'aider tous les êtres ;
3- L'accumulation rapide et simultanée du mérite et de la sagesse en se concevant soi-même comme une divinité qui possède la nature de la vacuité.
4- La réalisation de la vacuité, jointe à son application au monde des apparences.
Afin d'en faciliter la mémorisation et l'application en méditation, le Septième Dalaï Lama (1708-1757) a mis en vers ces enseignements concis, à l'origine donnés oralement par Manjushri à Tsong-ka-pa. La traduction repose sur une transmission orale et des explications reçues de Sa Sainteté Tenzin Gyamtso, le quatorzième Dalai Lama, à Dharamsala (Inde) en mai et août 1972.
Instructions pour la Méditation sur la Vue de la Vacuité :
Le Chant des Quatre Attentions faisant tomber l'Ondée des Accomplissements
1- L'attention au Maître.
Sur le siège de l'union immuable des moyens et de la sagesse,
Demeure le Maître empli de bonté, essence de tous les refuges,
C'est un Bouddha qui a parachevé le renoncement et la sagesse qui est là.
Abandonnant toute pensée impure, fais requête avec pure perception,
Sans laisser vagabonder ton esprit, concentre-toi sur admiration et respect,
Ton attention n'étant pas distraite, maintiens-la en l'admiration et le respect.
2- L'attention 'à l'aspiration altruiste pour la plus haute Illumination.
Dans la prison de la souffrance de l'existence cyclique
Errent les six classes d'êtres (1) privés de bonheur,
Ce sont tes pères et mères qui te protégèrent avec amour qui sont là.
Abandonnant désir et haine, médite sur amour et compassion
Ton attention n'étant pas distraite, maintiens-la en la compassion.
3- Attention au corps perçu comme Corps Divin.
Dans la divine demeure de la-grande béatitude, agréable à expérimenter,
Demeure le Divin Corps qui est ton propre corps d'agrégats et de constituants purs,
C'est une divinité aux Trois Corps (2) inséparables qui est là.
Ne te regardant pas toi-même comme ordinaire, pratique la fierté divine et l'apparence lumineuse ;
Sans laisser vagabonder ton esprit, concentre-toi sur le profond et le manifeste (3).
Ton attention n'étant pas distraite, maintiens-la en le profond et le manifeste.
4- L'attention à la vue de la vacuité.
Dans tout le cercle des objets de connaissance se manifestant et apparaissant,
S'étendant l'espace de la claire lumière qui est la réalité, l'ultime .
C'est un inexprimable mode d'être des phénomènes qui est là.
Abandonnant les fabrications mentales (4), regarde l'essence de la vacuité immaculée,
Sans laisser vagabonder ton esprit, concentre-toi sur la réalité,
Ton attention n'étant pas distraite, maintiens-la en la réalité.
A la croisée des variétés d'apparences et des six consciences,
Est vue la confusion des phénomènes sans fondement de la dualité ;
Les spectacles illusoires d'un magicien trompeur sont là.
Sans penser qu'ils sont vrais, regarde leur nature vide,
Sans laisser vagabonder ton esprit, concentre-toi sur apparence et vacuité,
Ton attention n'étant pas distraite, maintiens-la en apparence et vacuité.
* * *
Ces instructions sur la vue de la vacuité pour celui qui se sert des quatre attentions, préceptes particuliers véritablement conférés par le Saint Manjughosa à Tsong-ka-pa, roi de la doctrine, furent composées par le moine bouddhiste Losang Kaysang Gyamtso (bo-bzang-bskal-bzang-rgya-mtsho) afin d'établir en soi-même et en autrui des prédispositions à la vue correcte.
NOTES
1- Dieux, demi-dieux, hommes, animaux, esprits avides, êtres infernaux.
2- Corps de Vérité ou conscience-sagesse, Corps de Jouissance
ou parole spontanée, Corps Formel ou corps physique.
3- Profonde vacuité et apparence manifeste.
4- Fabrications mentales qui conçoivent un objet nié par la vacuité autre qu'une existence inhérente.
Le plus important est de prendre soin de l'esprit du mourant. Il y a beaucoup d'autres personnes qui peuvent prendre soin du corps, mais nous pouvons prendre soin de l'esprit.
Par Lama Zopa Rinpoché
Pendant la maladie
Donner l'inspiration à la personne afin qu'elle puisse penser aux autres avec bonté, amour et compassion, afin qu'elle souhaite que les autres soient heureux et libres de souffrance, est ce qu'il y a de mieux. Si une personne meurt avec la pensée d'être utile aux autres, alors son esprit est naturellement heureux et cela donne du sens à sa mort.
Suivant les capacités de la personne, on peut lui enseigner la méditation de « prendre et donner » [tib. Tong lèn, prendre les souffrances des autres sur soi et leur offrir son propre bonheur] ou celle de la bonté aimante (skt. Métta). Si la personne est d'une nature très compassionnée, si elle a un « esprit courageux », elle sera capable de faire tong lèn, de prendre la souffrance et d'offrir du bonheur. Si la personne peut faire tong lèn, c'est la meilleure façon de mourir puisque cela signifie mourir avec l'esprit d'Eveil, avec bodhicitta. Un de mes maîtres appelle cela « une mort indépendante ». Pour ceux qui ne peuvent concevoir qu'autrui est plus important que soi, alors il sera plus facile de souhaiter que les autres soient heureux et sans souffrances. Il est très important de connaître l'esprit de la personne. On peut alors enseigner en fonction de ses capacités : voyez sur le moment, utilisez votre propre sagesse et estimez la profondeur de la méthode que vous allez présenter. Le mieux serait de pouvoir donner au mourant une idée du processus de la mort selon les tantras : l'évolution de la dissolution des éléments, des sens, de la conscience, jusqu'à la conscience subtile. Quant aux personnes qui ont perdu leur capacité de compréhension, celles qui sont dans le coma ou atteintes de démence, il est peu probable qu'elles comprennent. Notre aide doit viser à ce qu'elles atteignent au moins une parfaite renaissance humaine. Tel doit être notre but, il n'est pas nécessaire que la personne croit au karma, mais qu'elle meurt dans un état d'esprit positif, de bonté aimante, de compassion ; c'est un don de valeur que nous pouvons lui faire. Notre but principal est que le corps physique soit soulagé afin de nous consacrer à l'esprit, afin de le tourner vers le positif, pour que la personne puisse au moins mourir sans colère, sans désir, etc. Vous devriez apprendre diverses méthodes qui puissent être bénéfiques pour l'esprit (notamment pour l'apaiser), dans le présent mais aussi dans l'avenir. Faites-vous une idée du niveau de méthode à offrir.
Si par exemple on visualise le Bouddha, dans son esprit ou extérieurement, ou si on observe la nature conventionnelle de l'esprit, sa clarté, d'autres pensées telles que la colère et l'attachement ne surgissent pas. Si l'on peut faire cela au moment de la mort, on ne renaîtra pas dans les royaumes inférieurs. Tout dépend de l'esprit de la personne. Suivant l'esprit de la personne, vous pouvez parler « d'être totalement éveillé », plutôt que de mentionner le terme sanskrit de « Bouddha ». Si c'est plus habile vous pouvez parler de Dieu, Dieu compatissant ou Dieu aimant ou l'Omniscient. Expliquez lui que son esprit, son cœur sont totalement purs ; que Le Pleinement Eveillé, Dieu est compatissant envers tous, y compris envers elle. Amenez-la à penser que son cœur plein d'amour est un avec Dieu ; que le royaume de Dieu est en nous ; cela libère les gens de la culpabilité, de la colère, de leurs pensées négatives.
Les initiations et les vœux ne protègent pas des royaumes inférieurs ; après avoir reçu des initiations ou pris des vœux, on crée simplement plus de karmas négatifs, pour une renaissance inférieure. Par contre les mantras, par exemple, aident la personne à atteindre une renaissance supérieure, une fois que son karma négatif est épuisé. Même si la personne ne souhaite pas entendre de mantra, une empreinte positive est déposée dans son esprit, et un jour ou l'autre, elle rencontrera la voie et aura la capacité de pratiquer les enseignements, d'éliminer les perturbations et d'atteindre l'Eveil. Même si ça la met en colère d'entendre des mantras, et qu'elle meurt en colère, c'est toujours mieux que de ne pas entendre de mantra et de demeurer paisible. De cette façon, pas à pas, le karma de la personne l'amène sur le sentier du mahayana et à l'Eveil.
Pendant le processus de la mort
Si vous avez étudié le processus de la mort, vous pourrez reconnaître -pendant que la personne est réellement en train de mourir- les étapes que la conscience traverse, les éléments qui sont en train de se dissoudre, etc. Il est mieux que la famille ne pleure pas, puisque cela génère de l'attachement dans l'esprit du mourant. Il existe des sons qui aident la conscience au moment de la mort, des sons bénéfiques, des mantras, etc. En dehors de cela, il est mieux de rester silencieux, de ne pas faire de bruit. On devrait enseigner à la famille comment créer cette atmosphère. Il est possible de donner des médicaments contre la douleur afin d'aider la personne à pouvoir penser. Mais prescrire des médicaments pour soulager l'angoisse n'est pas bon. Etre sous calmant au moment de la mort empêche de purifier les karmas négatifs. L'angoisse devient profitable, si la personne peut en faire l'expérience. Il est difficile de faire la différence. Souvent les familles souhaitent que le patient reçoive des calmants mais c'est plutôt pour leur propre confort que pour celui du patient.
Au moment de la mort, invitez la sangha à chanter des mantras, d'une façon tonique à la manière des Chinois. Lorsqu'ils chantent ainsi, la personne ressent qu'il n'y a rien de plus important que le Bouddha Amitabha. Elle se sent protégée, soutenue et guidée. Chanter le nom des trente-cinq bouddhas est extrêmement puissant ; les gens peuvent venir chanter ensemble. On peut également chanter les mantras des cinq déités extrêmement puissantes utilisés dans Jangwa pour libérer les mourants et les morts, pour purifier les vivants et libérer les êtres des royaumes inférieurs. Donner du Souffle aux Infortunés est le texte à utiliser, il contient des mantras puissants. On peut placer un stoupa sur la poitrine ou la tête de la personne ou le lui faire tenir. Chaque fois qu'elle est en contact avec le stoupa, du karma négatif est purifié. Même si la conscience a déjà quitté le corps, il est encore bénéfique de toucher le corps avec un stoupa. C'est également bon pour les bébés ou pour les gens qui ne comprennent pas. On peut même dire aux non-bouddhistes que le stoupa est dédié à la paix, à la guérison ou la purification. La personne peut visualiser que le stoupa irradie de la lumière. Il est bon d'avoir toujours quelques stoupas à portée de main, pour la guérison ou pour dissiper les nuisances causées par des esprits.
Un papier sur lequel sont notés les dix grands mantras peut être placé sur le corps de la personne et la prière de dédicace récitée.
Lorsque la respiration a cessé
La première chose que l'on peut faire lorsque la respiration a cessé est la pratique du Bouddha de Médecine (tib. Sanguyé Mènla), en groupe ou individuellement (même pour un animal), chanter les noms ainsi que les mantras. Le Bouddha de Médecine a promis que quiconque chanterait son mantra ou sa prière verrait tous ses souhaits et prières réalisés. Le pouvoir de la prière a été atteint par le Bouddha de Médecine, ce qui donne de la puissance au succès des prières. Un des dix pouvoirs est celui de la prière, donc priez comme si vous étiez l'agent du Bouddha de Médecine, de la part de celui qui vient de mourir. Ensuite vous pouvez pratiquer le transfert de la conscience vers la terre pure d'Amitabha (tib. Powa) ainsi qu'accomplir d'autres pratiques.
Vous pouvez lire « La Prière des Bonnes Actions » (Tib. Sang Chö), plus connue sous le nom de « Prière Royale ». Il est également bénéfique que les participants aux obsèques la lisent ensemble.
Vous pouvez réciter le mantra de Namgyèlma vingt-et-une fois, puis souffler sur de l'eau, sur des graines de sésame, du parfum ou du talc, et ensuite asperger ou saupoudrer le cadavre de cette substance bénite par le mantra. Le mantra de Namgyèlma est très puissant pour purifier ; il est mieux de réciter le long mantra, mais le court peut être utilisé.
Si on inscrit ce mantra sur un morceau de tissu ou de papier et qu'on le place au sommet d'une montagne ou d'un toit, où le vent souffle, quiconque entrant en contact avec ce vent reçoit des bénédictions et voit ses karmas négatifs purifiés. Circumambuler autour d'un stoupa qui contient ce mantra purifie tous les karmas de renaissance dans les enfers chauds. Au Tibet lorsque la respiration cesse, personne ne touche le corps avant qu'un lama du village ait accompli powa ; c'est important. Observez les signes indiquant que la conscience a quitté le corps (après powa, par exemple) : la goutte blanche, sous forme de pus ou d'eau quitte la narine, ou, pour une femme, du sang ou de l'eau s'écoule de la partie inférieure du corps. Tout d'abord, tirer les cheveux au centre du crâne vers l'arrière, afin que la conscience s'échappe par là. Des cheveux peuvent aussi tomber au niveau de l'arrière du crâne.
Se préparer à la mort au cours de la vie
Sa Sainteté affirme qu'il est difficile de vraiment méditer au moment de la mort comme on l'a fait durant sa vie. Si au cours de sa vie on ne pouvait pas bien méditer, alors au moment de sa mort on ne pourra pas soutenir la concentration. L'essence est d'avoir accumulé des mérites et accompli des purifications quotidiennes en relation avec les êtres sensibles ; il faut avoir servi autrui avec un cœur sincère, de la bonté aimante et de la compassion. Il faut également avoir fait des offrandes au gourou, les Trois Joyaux.
La pratique du bon cœur durant la vie, c'est-à-dire bodhicitta, purifie tellement de karma négatif, même très lourd et empêche d'en créer plus. Le karma négatif fait que l'esprit connaît l'expérience de la peur de la mort. Bodhicitta arrête tout particulièrement les souffrances incommensurables, la souffrance des renaissances, qui est produite ultérieurement par ces actions négatives. On devrait vivre dans l'éthique, prendre les préceptes d'un maître spirituel ou devant les objets saints. Il est important d'intégrer dans votre vie les cinq pouvoirs et d'apprendre les cinq pouvoirs à pratiquer au moment de la mort. Ce sont des pratiques très spéciales pour atteindre l'Eveil rapidement. Elles incluent powa, le transfert de la conscience au moment de la mort, dans une terre pure. Dans la terre pure, on reçoit des enseignements du vajrayana qui permettent d'atteindre l'Eveil en une seule vie. L'efficacité de powa dépend de la façon dont on a pratiqué les cinq pouvoirs au moment de la mort. Ce qui dépend de la manière dont on a effectué les pratiques courantes au cours de sa vie. Le Lam Rim explique les quatre méthodes pour accumuler des mérites puissants et vastes. On devrait s'y appliquer dans la vie quotidienne, tout en menant les activités ordinaires, manger, dormir, marcher, etc, plutôt que d'accomplir ces actions par désir, sous l'emprise de l'attachement au samsara.
Les dix grands mantras
1. Om mani padmé houm (Tchènrézi)
2. Tayata om bhékandzé bhékandzé maha békhandzé ranza samoungaté soha (Bouddha de Médecine)
3. Om péma ounika bimalé houng phat (Bouddha Rinchèn Tsultor)
4. Om namo bhagawati sarva dukha te pari shadhani razaya tata gataya hadatay samyaksam buddhaya tayata om shoudhani shoudhani sarwa parpum bishoudhaya karma awarana bishoudhaniyay soha
5. Om dhroum soha/ om amrita ayour dandé soha
6. Namo ratna trayaya om kham khani kham khani rotsani rotsani trotani trotani trasani trasani pratihana pratihana sarwa karma param para nimay sarwa satva naynytsa soha (Bouddha Mitrukpa)
7. Om péma shawari pay nanaparishig naganana tayata sarwa birita hana hana bèndza narakya rakya soha nama tsapanam samyaksam bouddha katanam parishoudhay manasi abhay sita prati tita nam namo bagawatay amritayou yakshashya tathagatasya om sarwa tathagata shoudi ayour bishoudhani samhara samhara sarwa tathagata birab len prati sam haryou tsara tsara sarwa tathagata samaya bodhi bodhi bouddhaya bouddhaya bodhaya bodhaya mama sarwa papam alana bishoudhay bikata mala sarasouwatay bouddha hourou hourou soha
8. Nama nawa nawa tinam tathagata kam kamna déwa loukanam kotini youtashata saha sanam om bobo ri sarinisari mo ri kouri tsala wari soha
9. Namo bhagawati narwa narwa tinam samya sambudhay koti utah shara sanam nama sarwa ni bara na bikami nibodhi sataya om tourou tourou mama sarwa awarana bishudani sarwa tathagata ayour balani bipulani ramalay sarwa siddhi nama tita bhara bhara sarwa satam awalokini om sarwa ni barana bikama bini mama sarwa papam bishudani kourou soha
10. Om ah houm bèndza gourou péma siddhi houm (Gourou Rinpoché).
Prière de dédicace
Puisse quiconque touche, porte autour de son cou (comme une amulette), entend, se souvient ou parle de ces mantras, ne jamais renaître dans les royaumes inférieurs, et renaître toujours au sein du mahayana en obtenant une forme de renaissance supérieure.
Puisse cette personne prendre l'ordination très jeune et être guidée parfaitement par des maîtres spirituels du mahayana, puisse son continuum mental ne faire qu'un avec les trois principes de la voie. Par la réalisation du stade de génération et d'accomplissement puisse cette personne atteindre le corps illusoire pur et l'esprit pur de la claire lumière de signification.
Puisse cette personne accomplir l'état d'union des sept étreintes pendant sa courte durée de vie de ces temps dégénérés ou renaître dans une terre pure, atteignant une forme de renaissance très spéciale dotée de toutes les conditions nécessaires pour pratiquer les tantras et puisse-t-elle accéder à l'éveil rapidement.
Que tous les êtres qui entendent, voient, touchent ou parlent de ces mantras soient libérés de tous les types d'obstacles et de problèmes causés par les esprits nuisibles.
Par le pouvoir de mon engagement dans les vastes pratiques des bodhisattvas et dans la pratique de la moralité pure, puissé-je rencontrer la doctrine du glorieux Lama Tsong Khapa par les deux étapes du yoga de la béatitude et de la vacuité.
Conseils de Tenzin : Il est approprié de plier les mantras, de les envelopper dans un tissu bleu et d'accrocher cette amulette au cou du mourant ou du défunt. Mais elle doit être retirée lorsque le patient reçoit des injections ou autre car cela créerait un obstacle aux médicaments. Il est également bien de placer l'amulette sur l'autel et de réciter les mantras pour la bénir avant de la donner au mourant.
Le court mantra de Namgyèlma : Om dhroum soha om amrita ayour dadesoha.
Prière de dédicace
Puissent tous les êtres se trouvant dans l'endroit où le mantra de Namgyèlma est placé (par exemple dans la voiture, la maison, à l'hôpital, sur le corps etc.) ou tout être qui voit, touche, se souvient ou parle de l'endroit où se trouve le mantra, recevoir tous les bienfaits de ce mantra.
Puissent tous leurs karmas négatifs être purifiés, puissent-ils jouir d'une longue vie et ne jamais renaître dans les royaumes inférieurs.
Puissent ceux qui meurent, renaître immédiatement dans la terre pure de Bouddha Amithaba ou ne connaître que des renaissances humaines parfaites et atteindre l'éveil sublime. Par le simple fait de se trouver à cet endroit, d'avoir rencontré l'ami vertueux et de lui être dévoué, puissent-ils trouver la foi dans le refuge et le karma et être capable de réaliser bodhicitta immédiatement.
1
Refuge et Génération de Bodhicitta :
Je prends pour toujours Refuge dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha. Pour le bénéfice des autres et de
moi-même j'engendre Bodhicitta. A tous les Bouddha et Bodhisattva qui demeurent dans les dix directions, je
demande de m’écouter. Afin d’obtenir l'état de plein Eveil dès maintenant j'engendre l'Esprit d’Eveil.
Visualisation :
Dans l'espace en face de moi sur un lotus blanc et un disque lunaire est assis le Seigneur Chenrezi, dont la
nature est la Compassion des Bouddha des trois temps.
La radiante couleur de son corps pur montre qu'il est libre des souillures des deux sortes d'obstacles. Il a une
tête et quatre bras et pour symboliser l'union de la Méthode et la Sagesse; deux mains jointes sur sa poitrine
tiennent le Précieux Joyau qui exauce les désirs.
La seconde main droite tient un rosaire de cristal blanc pour délivrer les êtres de l'océan des souffrances infinies
2
par la sage méthode de son profond Mantra. La seconde main gauche tient un lotus blanc, symbole de la
Renonciation qui exhorte les êtres à prendre le chemin de la Libération sans sombrer dans le marais du cycle
des existences. Son corps resplendissant de la gloire des signes de la perfection est paré de précieux Ornements
et de vêtements de soie. Il est assis au centre d’une brillante aura blanche dans la parfaite posture du Vajra.
Prière en sept parties :
Je me prosterne respectueusement du corps, de la parole et de l'esprit par mes trois portes. Je présente les
offrandes matérielles et celles créées par l'esprit. Je confesse les fautes que j'ai commises depuis les temps sans
commencement. Je me réjouis dans les vertus des êtres ordinaires et supérieurs (Arya). Je demande que la
Roue du Dharma soit tournée pour le bien de tous les êtres vivants. Je prie les Bouddha de ne pas passer en
Paranirvana et de demeurer avec nous.
Je dédie tous les mérites des trois temps, de moi-même et des autres à l'accomplissement de la Libération.
3
Requête :
Vous êtes le pur corps de lumière sans obscurité. Vous êtes couronné par le Bouddha Amitaba. Vous êtes
Celui qui regardez toute existence avec les yeux plein de larmes de la Compassion. Accordez-moi, Chenrezi
votre bénédiction.
Visualisation pour. la récitation du mantra
Dans le centre du coeur du Seigneur Chenrezi, sur le disque lunaire, les six lettres du mantra entourent la lettre
Hri. De celle-ci émane un flot de nectar lumineux qui, pénétrant en moi par le sommet de la tête,
emplit mon corps, le purifiant des fautes et des obstacles, et le transformant en un corps de radiante
lumière blanche.
(Réciter le mantra au moins 21 fois) : OM MANI PÄDME HUNG
4
Par le pouvoir de ces requêtes Chenrezi fond en lumière et est absorbé en moi. Mon corps, ma parole et mon
esprit deviennent indistinctement unis aux Trois Corps de Chenrezig.
Prière pour dédier les mérites :
Puis-je par l'accumulation de ces mérite accéder rapidement au rang de Chenrezi, et y conduire tous les êtres
vivants sans en exclure un seul.
Puisse la précieuse Compassion naître où elle n’est pas encore engendrée. Et puise-t-elle, une fois produite,
croître sans jamais dégénérer.
Puisse l'Esprit suprême d’Eveil naître où il n'est pas encore né, Et puise-t-il, une fois produit, croître sans jamais
se dégrader.
Un tronçon de bois
Une fois, le bienheureux séjournait au pays de Kosambi, au bord de la rivière Gange.
Le Bienheureux vit un tronçon de bois qui descendait le Gange. Ayant vu ce morceau de bois, le Bienheureux s'adressa aux moines et dit:
"Ô moines, voyez-vous ce morceaux de bois qui descend le Gange ?"
- Oui, Bienheureux, répondirent-ils.
- Alors, ô moines, si ce morceau de bois ne se jette pas contre cette rive, ou s'il ne se jette pas contre l'autre rive, ou s'il ne se noie pas au milieu du fleuve, ou s'il ne s'enfonce pas jusqu'au fond de l'eau, ou s'il ne tombe pas dans les mains d'êtres humains, ou dans les mains d'êtres non humains, ou s'il n'est pas pris dans un tourbillon, ou s'il ne se décompose pas intérieurement, eh bien, ô moines, ce tronçon de bois flottera vers l'Océan, il descendra vers l'Océan, il se dirigera vers l'Océan. Pourquoi ? Parce que, ô moines, le fleuve Gange coule vers l'Océan, il descend vers l'Océan, il se dirige vers l'Océan.
"De même, ô moines, si vous ne vous jetez pas contre cette rive, ou si vous ne vous jetez pas contre l'autre rive, ou si vous ne vous noyez pas que milieu du fleuve, ou si vous ne vous enfoncez pas jusqu'au fond de l'eau, ou si vous ne vous noyez pas au milieu du fleuve, ou si vous ne tombez pas dans les mains d'êtres humains, ou si vous n'êtes pas pris dans un tourbillon, ou si vous ne vous décomposez pas intérieurement, alors, ô moines, vous coulerez vers le Nirvana, vous descendrez vers le Nirvana, vous vous dirigerez vers le Nirvana. Pourquoi ? Parce que, ô moines, la compréhension correcte coule vers Nirvana, elle descend vers le Nirvana, elle se dirige vers le Nirvana.
Lorsque le bienheureux eut, ainsi parlé, un moine dit :
"Ô Bienheureux, quelle est la signification de - cette rive - ? Quelle est - l'autre rive - ? Quelle est la signification de - se noyer dans le milieu du fleuve - ? Quelle est la signification de - se noyer dans le milieu du fleuve - ? Quelle est la signification de - s'enfoncer jusqu'au fond de l'eau -? Quelle est la signification de - tomber dans les mains d'êtres humains -? ou celle de -tomber dans les mains d'êtres non humains -? Quelle est la signification - d'être pris dans un tourbillon - ? Quelle est la signification de - se décomposer intérieurement - ?
Cette rive, ô moine, est un nom pour les six sphères sensorielles de l'intérieur. (Oeil, oreille, nez, langue, corps, pensée.) L'autre rive, ô moine, est un nom pour les six sphères sensorielles de l'extérieur. (Forme visible, son, odeur, goût, choses tangibles et objets mentaux.) Se noyer dans le milieu du fleuve, ô moine, est un nom pour l'avidité passionnée et le désir. S'enfoncer au fond de l'eau, ô moine, est un nom pour la fierté de soi-même.
Ici, ô moine, quelle est le sens de - tomber dans les mains d'êtres humain - ?
Supposons, ô moine, que quelqu'un vive en relation intime avec les laïcs. Il se réjouit avec les gens qui se réjouissent. Il s'afflige avec les gens qui s'affligent. Il prend du plaisir avec les gens qui prennent du plaisir. Il souffre avec les gens qui souffrent et établi un lien étroit entre lui-même et ce qui arrive. Voilà ce qu'est, ô moine, - tomber dans les mains d'êtres humains -
Ici, quel est, ô moine, le sens de - tomber dans les mains d'êtres non humain - ?
Supposons, ô moine, que l'on s'engage dans la conduite pure dans l'espoir de renaître parmi tel ou tel groupe de dieux, en se disant : "Par le moyen de cette vertu, ou par le moyen de cette pratique, ou par le moyen de cette austérité, ou par le moyen de cette conduite pure, que je devienne un petit dieu ou un grand dieu !" Voilà ce qu'est, ô moine, - tomber dans les mains d' êtres non humain - - Pris dans un tourbillon -, ô moine, est un nom pour les cinq plaisirs. Quelle est la signification de - se décomposer intérieurement - ? Supposons, ô moine, quelqu'un qui mène une vie non vertueuse. Il s'engage dans les mauvaises choses, il est impur. Il a un comportement douteux. Il a des affaires secrètes. Bien qu'il prétende être religieux, il ne l'est pas. Bien qu'il prétende être pratiquant de la conduite pure, il ne l'est pas. Il est pourri tel un tas d'ordure. Tel est, ô moine, le sens de - se décomposer intérieurement -
A ce moment là, un vacher nommé Nanda se trouvait debout, non loin du Bienheureux. Le vacher Nanda s'écria alors : "Moi, ô Bienheureux, je suis quelqu'un qui ne se jette pas - contre cette rive - Je suis quelqu'un qui ne se jette pas contre - l'autre rive - Je ne me - noierai pas au milieu du fleuve - Je ne - m'enfoncerai pas jusqu'au fond de l'eau - Je ne - tomberai pas dans les mains des êtres humain - Je ne - tomberai pas dans les mains d'êtres non humain - Je ne -serais pas pris dans un tourbillon - Je ne me - décomposerai pas de l'intérieur - Ô Bienheureux, puissé-je obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux.
- Alors, ô Nanda, rendez les vaches à leurs propriétaires dit le Bienheureux.
- Ô Bienheureux, les vaches retourneront. Elles seront attirées par leurs veaux.
- Justement, ô Nanda, rendez les vaches à leurs propriétaires répéta le Bienheureux.
Alors, le vacher Nanda ayant rendu les vaches à leurs propriétaires, étant revenu devant le
Bienheureux. dit : "Ô Bienheureux, les vaches ont été rendues à leurs propriétaires. Ô Bienheureux puissé-je obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux !"
Le vacher Nanda obtint l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux. Peu de temps après son Ordination majeur, Nanda demeurant seul, retiré, vigilant, ardent, résolu, parvint rapidement à ce but pour réalisation duquel les fils de famille quittent leur maison pour la vie religieuse, cet incomparable but de la Conduite pure, il le réalisa dans cette vie même. Il comprit : " La naissance est détruite, la Conduite pure est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, plus rein ne demeure à accomplir."Ainsi, Nanda parvint au nombre des Arahants.
OM BOUDDHA MéTRI MEM SOHA
(c) Kagyu Ling. Juillet 1986. traduction de Tempala Négi et de Dominique Gallot.
MEM dorée,
MEM ![]()
![]()
MEM dorée entourée par une guirlande du mantra
MEM
Mentir, c'est dire une chose en sachant qu'elle n'est pas vraie. Cette lapalissade est moins anodine qu'il y paraît, car le mensonge est tellement entré dans nos habitudes que nous n'y faisons même plus attention. Les hommes politiques nous mentent, la pub nous ment, les compagnies d'assurances nous mentent, nos enfants, nos parents, nos voisins nous mentent... et, à notre tour, nous leur mentons. Mais au fait, pourquoi ment-on ? Souvent pour se protéger quand on se sent en difficulté, pour éviter un conflit ou par crainte d'être accusé ou critiqué. On ment aussi par calcul, pour obtenir quelque chose de quelqu'un ou pour l'impressionner.
"Que ta parole soit pertinente et modérée, claire, agréable, prononcée d'un ton doux et calme ; qu'elle n'exprime ni l'avidité ni la haine."
Shanttdeva
Mentir, c'est mettre l'autre à distance, en le traitant soit comme un adversaire dont il convient de se défendre, soit comme un inférieur facile à gruger. Le mensonge traduit un manque de respect vis-à-vis des autres mais aussi de soi : il prouve une incapacité à s'accepter et à se présenter tel qu'on est, en toute spontanéité et simplicité.
Quelques exemples de mensonge ordinaire.
☼ Inventer une panne de métro ou un accident sur le périphérique quand vous arrivez en retard au travail (au lieu de dire que vous n'avez pas entendu le réveil, et proposer de rester plus tard pour récupérer).
☼ Raconter à la maison que vous avez été retenu au bureau et n'avez pas pu faire la course qu'on vous avait demandée (au lieu de vous excuser d'avoir oublié, sans pour autant vous culpabiliser excessivement).
☼ Dire que votre voiture est en réparation à l'ami qui voudrait vous l'emprunter (au lieu de répondre que vous ne la prêtez jamais car vous avez fait de mauvaises expériences par le passé. Et tant pis s'il vous trouve égoïste).
☼ COMMENT S'EN LIBÉRER
è En comprenant que mentir, ce n 'est pas se simplifier la vie mais bien souvent se la compliquer. Chaque fois que nous mentons, nous érigeons un mur entre nous et l'autre : nous embrouillons nos relations avec lui en coupant à la racine toute possibilité de vraie communication.
è En pensant à ce que nous ressentons quand nous découvrons qu’on nous a menti, et à l’opinion que nous avons de ce qui nous mentent.
è En se souvenant que, comme tous nos actes nuisibles, chaque mensonge alourdit un peu plus notre karma.